• France 2 - 15/02/08

    Suppressions de postes: grève en Ile-de-France
    Entre un prof sur trois (selon les syndicats) à un sur six (ministère) a fait grève en Ile-de-France
    Les enseignants entendaient protester contre les réductions de moyens et les suppressions de postes. Une manifestation a réuni à Paris entre 2.000 et 3.000 personnes, selon la police et les organisateurs, à l'appel de 13 syndicats (des quatre fédérations FSU, CGT, CFDT, Sud). Les enseignants demandent "de vraies négociations sur la revalorisation et l'avenir" des métiers de l'Education.
    Inquiets devant l'ampleur des suppressions de postes
    Depuis le début de la semaine, une dizaine d'établissements des trois académies de la région parisienne (Paris, Créteil et Versailles) ont déjà engagé des débrayages, inquiets de voir l'ampleur des suppressions de postes. Ainsi le collège-lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), touché par une grève majoritaire depuis lundi pour protester contre la suppression de 14 postes d'enseignants, ou le collège Paul-Cézanne, installé dans le quartier difficile du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en grève mercredi, parce qu'il perd 10 heures (environ un demi poste d'enseignant). Au total, de source syndicale, "1.400 emplois d'enseignants en lycée et collège", auxquels s'ajoutent "122 suppressions d'emplois administratifs et 32 emplois de MI-SE (surveillants)" auront disparu en région parisienne en septembre 2008. Le budget 2008 prévoit la suppression nette de 11.200 postes dans l'Education nationale, dont 8.830 dans le second degré public, intervenant après près de 10.000 suppressions depuis 2004.
    L'arrivée prochaine des heures supplémentaires
    Concrètement, rectorats et établissements disposent de plusieurs "marges de manoeuvre" : suppression d'options, suppression ou rapprochement de groupes de langues (par exemple suppression de l'allemand en 6e ou de l'italien en 4e), suppression des heures de soutien ou encore augmentation du nombre d'élèves par classe. Mais, le plus souvent, les heures supprimées seront troquées contre des heures supplémentaires. "Les heures supplémentaires, c'est un gros sujet à venir, les enseignants n'en veulent pas alors qu'ils ont déjà une charge de travail très lourde", a prévenu Nicole Sergent, cosecrétaire académique du Snes-FSU à Paris. Dans ce contexte, la révélation jeudi que l'académie de Créteil avait fait appel à des professeurs tout jeunes retraités faute de remplaçants pour assurer des cours de philosophie, lettres classiques, anglais et allemand, a été plutôt mal accueillie par les syndicats.
    Un procédé "scandaleux"
    Dénonçant "l'insuffisance des recrutements" et l'affectation à l'année des TZR, enseignants titulaires remplaçants, Pierre Claustre, responsable académique du Snes-FSU, a jugé le procédé "scandaleux". Le recteur Jean-Michel Blanquer a lui estimé qu'il s'agissait d'"une mesure parmi d'autres pour améliorer le problème des remplacements dans l'académie". Interrogé sur les mouvements de grogne dans les établissements, Xavier Darcos n'a pas de son côté caché son agacement jeudi. "Arrêtons cette blague !", s'est exclamé, devant la presse, le ministre de l'Education. "Les établissements fonctionneront normalement l'année prochaine, je ne dis pas que (la baisse des moyens alloués) ne crée pas de contraintes, mais nous faisons des réformes et nous définissons nos priorités", a-t-il argumenté, en citant justement le collège-lycée Henri Wallon retenu parmi 30 sites d'excellence dans les quartiers dans le cadre du plan banlieue et qui à ce titre, bénéficiera de moyens supplémentaires.

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